L’exposition Fabergé à Paris

Durant trois semaines, du 15 septembre au 8 octobre 2010, A La Vieille Russie a présenté au public parisien près de 100 objets d’art créés par Peter Carl Fabergé, le célèbre joaillier de la cour Impériale de Russie. Cette collection remarquable réunissait des pièces réalisées entre 1890 et la Révolution russe de 1917, période considérée comme l’âge d’or de la joaillerie russe.

L’exposition s’est tenue à la Galerie Didier Aaron, au 118, rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris, dans le prestigieux 8e arrondissement. Ce lieu d’exception, connu pour présenter des meubles, objets d’art, tableaux et dessins du XVIIe à la fin du XIXe siècle, offrait un écrin parfait pour accueillir les trésors de l’orfèvrerie impériale russe.

Objets Fabergé exposés à la Galerie Didier Aaron à Paris Chefs-d’oeuvre Fabergé présentés lors de l’exposition à la Galerie Didier Aaron

Parmi les pièces exposées figuraient des chefs-d’oeuvre appartenant aux collections d’A La Vieille Russie, dont certaines acquisitions récentes, ainsi que d’autres objets d’art de l’époque des Tsars : boîtes en émail, cadres photo ornés de pierres précieuses, animaux sculptés en pierres dures, et bien sûr les emblématiques oeufs décoratifs qui ont fait la renommée mondiale de la Maison Fabergé.

Cette exposition s’inscrivait dans une longue tradition de présentation de l’art russe en France, rappelant les liens profonds entre Paris et la culture impériale russe. L’aristocratie russe a toujours entretenu des relations privilégiées avec la capitale française, et les artistes russes y ont trouvé un terreau fertile pour leur création.

Peter Carl Fabergé, joaillier de la cour impériale

Peter Carl Fabergé (1846-1920) est né à Saint-Pétersbourg dans une famille d’orfèvres d’origine franco-danoise. Après une formation approfondie à travers l’Europe — Dresde, Francfort, Florence et Paris —, il reprend l’atelier familial en 1870 et le transforme en l’une des plus prestigieuses maisons de joaillerie au monde.

En 1885, le tsar Alexandre III lui commande le premier oeuf de Pâques impérial, destiné à son épouse l’impératrice Maria Feodorovna. Ce premier oeuf, d’apparence modeste à l’extérieur, contenait une surprise ingénieuse : une poule en or renfermant elle-même une réplique miniature de la couronne impériale. L’impératrice fut si enchantée que Fabergé devint le fournisseur officiel de la cour impériale.

Entre 1885 et 1917, la Maison Fabergé a créé 52 oeufs de Pâques impériaux, chacun étant une merveille d’ingéniosité et de raffinement. Réalisés en or, émail, pierres précieuses et matériaux rares, ces oeufs contenaient des surprises toujours plus élaborantes : automates miniatures, portraits, répliques de yachts ou de trains impériaux. Aujourd’hui, ces pièces comptent parmi les objets d’art les plus précieux au monde, certains dépassant les 30 millions de dollars lors de ventes aux enchères.

Au-delà des oeufs, la Maison Fabergé employait plus de 500 artisans dans ses ateliers de Saint-Pétersbourg et de Moscou, produisant une gamme variée d’objets de luxe : bijoux, argenterie, boîtes à cigarettes, cadres, pendules et animaux sculptés en pierres dures. L’entreprise possédait des succursales à Moscou, Odessa, Kiev et Londres, servant les cours royales de toute l’Europe.

La Révolution russe de 1917 mit brutalement fin à l’activité de Fabergé. Les ateliers furent confisqués, et Peter Carl Fabergé s’exila en Suisse, où il mourut en 1920. Ses oeuvres furent dispersées par le régime soviétique, qui vendit une partie des trésors impériaux pour financer l’industrialisation du pays. C’est ainsi que de nombreuses pièces de Fabergé se retrouvèrent entre les mains de collectionneurs occidentaux, notamment chez les passionnés du patrimoine russe.

A La Vieille Russie, une institution depuis 1851

La maison A La Vieille Russie est l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses galeries d’antiquités au monde, spécialisée dans l’art russe et la joaillerie Fabergé. Fondée à Paris en 1851 par un marchand d’antiquités passionné par l’art décoratif russe, la maison a rapidement acquis une réputation d’excellence auprès des collectionneurs du monde entier.

Après la Première Guerre mondiale, la galerie s’installe à New York, sur la célèbre Cinquième Avenue, où elle se trouve encore aujourd’hui. Ce déménagement coïncidait avec l’arrivée massive d’émigrés russes en Occident après la Révolution, qui apportaient avec eux des trésors de l’époque impériale. A La Vieille Russie devint alors le point de passage obligé pour quiconque souhaitait acquérir des pièces de Fabergé ou de l’art décoratif russe de qualité muséale.

L’exposition parisienne de 2010 représentait un retour aux sources pour cette maison fondée dans la capitale française. En choisissant la Galerie Didier Aaron & Cie, amie de longue date spécialisée dans le mobilier et les objets d’art du XVIIe au XIXe siècle, A La Vieille Russie offrait au public parisien une occasion unique de découvrir des pièces rarement montrées hors des États-Unis.

Pour les amateurs d’art russe à Paris, cette exposition rejoignait une tradition vivace d’événements culturels célébrant le patrimoine artistique russe en France. De nombreux artistes russes émigrés, comme le sculpteur George Lavroff, ont également contribué à enrichir la vie artistique parisienne, tout comme les artistes russes de Montmartre qui ont marqué l’histoire de l’art au XXe siècle.

Informations pratiques

Voici les détails de l’exposition telle qu’elle s’est tenue en 2010 :

  • Exposition : A La Vieille Russie — Fabergé et la Russie Impériale

  • Dates : du 15 septembre au 8 octobre 2010

  • Lieu : Galerie Didier Aaron & Cie

  • Adresse : 118, rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris

  • Téléphone : +33 1 47 42 47 34

  • Nombre d’oeuvres : environ 100 objets d’art Fabergé

  • Période des oeuvres : 1890 à 1917 (Révolution russe)

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Questions fréquentes sur Fabergé et l’art russe

Qui était Peter Carl Fabergé ?

Peter Carl Fabergé (1846-1920) était un joaillier et orfèvre russe d’origine franco-danoise. Nommé fournisseur officiel de la cour impériale de Russie en 1885, il est célèbre pour ses oeufs de Pâques impériaux, véritables chefs-d’oeuvre de joaillerie. Sa maison Fabergé employait plus de 500 artisans et produisait des objets d’art d’une qualité exceptionnelle pour les familles royales d’Europe.

Combien d’oeufs de Pâques Fabergé existent ?

Entre 1885 et 1917, la Maison Fabergé a créé 52 oeufs de Pâques impériaux pour les tsars Alexandre III et Nicolas II. Chaque oeuf contenait une surprise unique. Aujourd’hui, 46 de ces oeufs sont recensés, les 6 autres ayant disparu après la Révolution russe de 1917. Ils comptent parmi les objets d’art les plus précieux au monde, certains estimés à plus de 30 millions de dollars.

Qu’est-ce que A La Vieille Russie ?

A La Vieille Russie est une célèbre maison d’antiquités fondée à Paris en 1851, aujourd’hui installée à New York sur la Cinquième Avenue. Spécialisée dans les objets d’art russes, la joaillerie Fabergé et les antiquités impériales, elle est considérée comme l’une des plus prestigieuses galeries au monde pour l’art décoratif russe.

Où voir des objets Fabergé à Paris ?

À Paris, des objets Fabergé sont présentés lors d’expositions temporaires dans des galeries prestigieuses. Le Musée des Arts Décoratifs et certaines maisons de vente aux enchères parisiennes proposent également des pièces Fabergé. Des expositions itinérantes présentent régulièrement ces trésors de l’art russe impérial dans la capitale française.

Quelle est la valeur des oeufs Fabergé ?

Les oeufs de Pâques impériaux Fabergé figurent parmi les objets d’art les plus chers au monde. En 2007, l’oeuf Rothschild a été vendu pour 18,5 millions de dollars chez Christie’s. En 2014, un oeuf impérial retrouvé sur un marché aux puces américain a été estimé à 33 millions de dollars. La collection complète des oeufs impériaux survivants est estimée à plus de 500 millions de dollars. Le milliardaire russe Viktor Vekselberg a acquis neuf oeufs impériaux en 2004 pour environ 100 millions de dollars, formant la plus grande collection privée.

Quels artisans travaillaient pour Fabergé ?

La Maison Fabergé employait des maîtres artisans de premier plan, chacun spécialisé dans un domaine. Michael Perchin et Henrik Wigström furent les principaux créateurs des oeufs impériaux. Erik Kollin excellait dans l’orfèvrerie inspirée des trésors scythes. August Holmström et sa fille Alma Pihl étaient spécialisés dans la joaillerie et les pierres précieuses. Au total, plus de 500 artisans travaillaient dans les ateliers de Saint-Pétersbourg et de Moscou, produisant environ 150 000 objets entre 1882 et 1917.

L’artisanat russe et son rayonnement en France

Au-delà de Fabergé, l’artisanat russe bénéficie d’une longue tradition d’excellence qui continue de rayonner en France. Les matriochkas, les icônes peintes, les laques de Palekh et de Fedoskino, la porcelaine de Lomonosov et les châles d’Orenbourg témoignent d’un savoir-faire ancestral transmis de génération en génération.

Paris reste une capitale privilégiée pour les amateurs d’art décoratif russe. Plusieurs boutiques spécialisées proposent des pièces authentiques, et les grandes maisons de vente organisent régulièrement des sessions consacrées à l’art russe. Le marché international de l’art russe, après avoir connu un pic dans les années 2000-2010, conserve une clientèle fidèle de collectionneurs passionnés.

L’exposition A La Vieille Russie de 2010 rappelle que Paris et la Russie partagent une histoire artistique riche de plus de trois siècles, depuis les premières ambassades de Pierre le Grand jusqu’aux créations contemporaines des artistes franco-russes. Cette relation culturelle unique continue de s’enrichir grâce aux expositions, aux festivals et aux échanges artistiques qui animent la vie culturelle parisienne.

Conclusion

L’exposition A La Vieille Russie à la Galerie Didier Aaron fut un événement marquant pour les amateurs de joaillerie impériale et d’art décoratif russe à Paris. En présentant près de 100 chefs-d’oeuvre de Fabergé, elle rappelait la splendeur d’un art qui incarne le raffinement et l’ingéniosité de la Russie impériale. Pour les passionnés d’art russe en France, elle confirmait que Paris reste, aux côtés de New York et de Saint-Pétersbourg, l’une des capitales mondiales du patrimoine artistique russe.