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Qu’en est-il de nos amours ? Quel rapport entre nos manières d’aimer et notre conception du monde ? L’Amour des trois oranges de Prokofiev, présenté lors de la 56e édition du Festival d’Aix-en-Provence, invite à cette grâce qui est dans la vertu d’en rire, sous la direction de Tugan Sokhiev.

L’Amour des trois oranges : un opéra sur l’opéra

L’Amour des trois oranges est un opéra en quatre actes et un prologue composé par Sergueï Prokofiev, sur un livret de sa main d’après la fable théâtrale de Carlo Gozzi. Créé le 30 décembre 1921 au Lyric Opera de Chicago, cet ouvrage occupe une place singulière dans l’histoire de l’opéra russe.

Présenté lors de la 56e édition du Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence, ce spectacle en russe surtitré en français offrait au public une expérience unique, entre parodie et poésie, sous la baguette du chef d’orchestre Tugan Sokhiev.

Distribution et équipe artistique

Équipe de production

  • Direction musicale : Tugan Sokhiev

  • Mise en scène : Philippe Calvario

  • Décors : Jean-Marc Stehlé

  • Costumes : Aurore Popineau

  • Lumière : Bertrand Couderc

  • Orchestre : Mahler Chamber Orchestra

  • Choeur : Europa ChorAkademie (chef de choeur : Joshard Daus)

Principaux solistes

  • Le Roi de Trèfle : Alexey Tanovitsky

  • Le Prince : Andrey Ilyushnikov

  • La Princesse Clarissa : Nadezhda Serdjuk

  • Trouffaldino : Kirill Dushechkin

  • Pantalone : Vladislas Sulimsky

  • Le magicien Tchélio : Pavel Schmulevich

  • Fata Morgana : Ekaterina Shimanovitch

  • Ninetta : Julia Smorodina

  • Comédien (la Diva) : Michel Fau

Une parodie jubilatoire du genre opératique

Dynamité de l’intérieur, cet opéra sur l’opéra voit ses partis pris esthétiques envahir la scène comme autant de tribus, décidées à miner la fable d’un royaume où le prince se meurt d’avoir perdu l’usage du rire.

Tordre le cou à l’esprit de sérieux : tel est l’objet de ce charivari où l’action pétille en rythme convulsé. Pathos et « mélo » y sont pointés comme la maladie infantile de l’opéra. Réalisme et lyrisme y sont désamorcés avec une ironie joyeuse.

Quant aux personnages de cette parodie, ils baignent avec délices dans l’invraisemblance et la fantaisie. Prokofiev, en compositeur iconoclaste, détourne les codes du genre pour mieux les célébrer, créant une oeuvre où le rire devient un acte de résistance face à la mélancolie.

Prokofiev, compositeur entre Russie et Occident

Sergueï Prokofiev (1891-1953) occupe une place majeure dans la musique du XXe siècle. Cet opéra, composé pendant ses années d’exil à l’étranger, témoigne de sa capacité à fusionner l’héritage musical russe avec les avant-gardes occidentales. La partition, d’une énergie débordante, alterne humour grinçant et moments de pure beauté lyrique.

Informations pratiques

Festival : 56e édition du Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence

Dates : du 5 au 13 juillet 2004

Langue : spectacle en russe surtitré en français

Questions fréquentes

Qu’est-ce que L’Amour des trois oranges de Prokofiev ?

L’Amour des trois oranges est un opéra en quatre actes et un prologue composé par Sergueï Prokofiev sur un livret de sa main, d’après une fable théâtrale de Carlo Gozzi. Créé le 30 décembre 1921 au Lyric Opera de Chicago, c’est un opéra parodique où l’action pétille en rythme convulsé.

Qui a dirigé cette production au Festival d’Aix-en-Provence ?

La direction musicale était assurée par Tugan Sokhiev, avec le Mahler Chamber Orchestra. La mise en scène était signée Philippe Calvario, les décors de Jean-Marc Stehlé et les costumes d’Aurore Popineau.

En quelle langue était chanté cet opéra à Aix ?

Le spectacle était chanté en russe et surtitré en français, permettant au public français de suivre l’action tout en appréciant la langue originale du livret de Prokofiev.

Quel est le thème central de L’Amour des trois oranges ?

L’opéra met en scène un royaume où le prince se meurt d’avoir perdu l’usage du rire. C’est une parodie du genre opératique lui-même, où pathos et mélo sont pointés comme la maladie infantile de l’opéra. Les personnages baignent avec délices dans l’invraisemblance et la fantaisie.

Dernière mise à jour : mars 2026.

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