Presentation du livre
Quand l’histoire intime d’une famille rencontre l’Histoire avec un grand H, les anecdotes savoureuses fusent de tous cotes. Dans un style plein d’humour et de finesse, La Poupee Russe nous narre la vie bigarree d’un fils d’emigre russe, aristocrate excentrique et ruine.
Les evenements internationaux sont racontes a echelle humaine en toute subjectivite. En cela, l’ouvrage brosse le tableau pertinent d’une epoque vecue de l’interieur. Une myriade de souvenirs honore avec demesure la noblesse blanche, cette aristocratie archaique dont le charme inimitable disparait avec ses derniers representants.
Ce recit est bien plus qu’une simple autobiographie familiale. C’est un temoignage precieux sur un monde englouti : celui de la Russie imperiale transplantee dans les salons parisiens, ou les derniers aristocrates perpetuaient les rites d’une civilisation disparue tout en s’adaptant, bon gre mal gre, a leur nouvelle patrie. Le lecteur y decouvre un univers ou la grandeur passee se heurte a la realite de l’exil, ou la nostalgie se mele a un humour corrosif, ou la memoire familiale rejoint la grande Histoire du XXe siecle.
L’auteur : Wladimir Kokovtsov, grand reporter et petit-fils de ministre
Grand reporter, petit-fils du ministre des Finances et president du Conseil de l’Empire sous Nicolas II, Wladimir Kokovtsov vecut son enfance parmi les figures emblematiques de la colonie russe parisienne. Berce par les accents des soirees donnees par ses parents ou se cotoyaient Charles de Gaulle, Andre Malraux, Henry Kissinger, Lino Ventura et Henri de Monfreid, il parcourt la vie dans un delire initiatique et se fracasse avec constance sur les ecueils de l’existence.
Particulierement bien place dans la course a l’imaginaire grace a une education anachronique, il superpose ses pensees aux emotions leguees par les Russes blancs avec le recul de la derision. Cette education hors du commun, a la croisee de deux cultures et de deux epoques, lui confere un regard unique sur la diaspora russe : celui d’un temoin de l’interieur, assez proche pour comprendre les codes et les non-dits de cette communaute, assez detache pour en saisir l’absurdite et la grandeur.
Son ecriture, vive et imagee, fait alterner les scenes comiques et les moments de poignante melancolie. Les portraits de ses proches — officiers dechus transformes en chauffeurs de taxi, princesses reconverties en couturieres, intellectuels devenus serveurs — composent une fresque inoubliable de la Russie en exil.
Wladimir Kokovtsov retrace dans La Poupee Russe la vie de l’emigration russe a Paris
L’emigration russe blanche en France : un chapitre meconnu de l’histoire
La Revolution bolchevique de 1917 et la guerre civile qui s’ensuivit provoquerent l’un des plus grands exodes du XXe siecle. Entre 1917 et 1923, environ un million et demi de Russes quitterent leur patrie. Parmi eux, une proportion considerable choisit la France comme terre d’accueil, et Paris devint la capitale non officielle de la Russie en exil.
Ces emigres — aristocrates, officiers de l’armee blanche, intellectuels, artistes, industriels, membres du clerge — apportaient avec eux la richesse d’une civilisation millenaire. Ils fonderent a Paris des eglises orthodoxes (dont la celebre cathedrale Saint-Alexandre-Nevsky de la rue Daru), des ecoles, des journaux, des maisons d’edition, des restaurants et des cabarets. La rue Daru, dans le 8e arrondissement, devint le coeur battant de cette communaute.
Mais l’exil avait un prix. Beaucoup de ces emigres, depouilles de leurs biens par la Revolution, durent exercer des metiers bien eloignes de leur rang social d’origine. Des generaux devinrent chauffeurs de taxi — le taxi russe devint un phenomene parisien —, des princesses ouvrirent des ateliers de couture, des professeurs d’universite accepterent des emplois d’ouvriers. C’est cette realite, a la fois tragique et pittoresque, que Kokovtsov restitue avec tant de vivacite dans La Poupee Russe.
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La communaute russe parisienne : entre nostalgie et reinvention
La colonie russe de Paris ne se contenta pas de survivre : elle crea un veritable microcosme culturel. Des ecrivains comme Ivan Bounine (prix Nobel de litterature en 1933), Nina Berberova, Gaito Gazdanov ou Vladimir Nabokov ecrivirent certaines de leurs plus grandes oeuvres en exil. Des peintres comme Marc Chagall, Natalia Gontcharova et Mikhail Larionov enrichirent la scene artistique parisienne. Des musiciens comme Igor Stravinsky, Sergei Rachmaninov et Sergei Prokofiev composerent des chefs-d’oeuvre depuis leur terre d’adoption.
Ce bouillonnement culturel est precisement l’univers dans lequel grandit l’auteur de La Poupee Russe. Les soirees que donnaient ses parents, ou se melaient artistes, diplomates, ecrivains et anciens dignitaires, etaient les derniers reflets d’un monde a la fois grandiose et condamne. Kokovtsov sait restituer cette atmosphere unique avec une tendresse melee d’ironie, celle d’un enfant qui comprend confusement que le monde de ses parents est un monde en sursis.
La litterature de l’emigration russe constitue un corpus essentiel pour comprendre le XXe siecle. Des auteurs comme Dostoievski, dont l’oeuvre impregnait profondement cette communaute, restaient les references spirituelles des emigres. La Poupee Russe s’inscrit dans cette tradition de temoignage litteraire.
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L’heritage des Kokovtsov dans l’histoire russe
Le nom de Kokovtsov resonne dans l’histoire de la Russie imperiale. Le grand-pere de l’auteur, le comte Vladimir Nikolaievitch Kokovtsov (1853-1943), fut l’une des figures majeures du gouvernement imperial. Nomme ministre des Finances en 1904, il dirigea les finances de l’Empire pendant une decennie cruciale, avant de devenir president du Conseil des ministres de 1911 a 1914, succedant au celebre Piotr Stolypine.
Apres la Revolution, le comte Kokovtsov emigra en France ou il publia ses memoires, document historique de premiere importance sur les dernières annees de l’Empire russe. Il mourut a Paris en 1943, temoin impuissant de la disparition du monde auquel il avait consacre sa vie. Cette lignee prestigieuse confere a La Poupee Russe une profondeur historique exceptionnelle : le recit personnel rejoint ici la grande Histoire.
A travers les yeux de son petit-fils, le lecteur decouvre comment l’heritage de la Russie imperiale s’est transmis — et transforme — dans l’exil parisien. Les traditions, les manieres, les valeurs de l’ancienne Russie se sont melees aux habitudes francaises, creant une culture hybride unique dont Kokovtsov est l’un des derniers temoins.
Informations pratiques
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Titre : La Poupee Russe
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Auteur : Wladimir Kokovtsov
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Format : 135 x 210 mm, 198 pages
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Prix TTC : 19,50 €
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ISBN : 2-914574-13-4
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Code barre : 9782914574136
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Questions frequentes sur La Poupee Russe et l’emigration russe
De quoi parle La Poupee Russe de Wladimir Kokovtsov ?
La Poupee Russe est une chronique autobiographique et nostalgique de la communaute russe emigree en France. Wladimir Kokovtsov, petit-fils du dernier president du Conseil de l’Empire sous Nicolas II, y raconte avec humour et derision son enfance parmi les figures emblematiques de la colonie russe parisienne, entre soirees mondaines, aristocratie declinante et souvenirs d’un monde disparu.
Qui est Wladimir Kokovtsov, l’auteur de La Poupee Russe ?
Wladimir Kokovtsov est un grand reporter franco-russe, petit-fils du comte Vladimir Kokovtsov, ministre des Finances et president du Conseil de l’Empire sous le tsar Nicolas II. Eleve parmi les emigres russes de Paris, il a grandi dans un milieu ou se croisaient Charles de Gaulle, Andre Malraux, Henry Kissinger, Lino Ventura et Henri de Monfreid. Son education anachronique lui a donne un regard unique sur la communaute russe blanche.
Qu’est-ce que l’emigration russe blanche en France ?
L’emigration russe blanche designe les centaines de milliers de Russes — aristocrates, militaires, intellectuels, artistes — qui ont fui la Revolution bolchevique de 1917 et la guerre civile russe. La France, et Paris en particulier, est devenue l’un des plus grands centres de cette diaspora. Ces emigres ont cree des eglises, des ecoles, des journaux et des associations, preservant la culture russe tout en s’integrant a la societe francaise.
Quel est le lien entre la famille Kokovtsov et l’histoire de la Russie imperiale ?
Le grand-pere de l’auteur, le comte Vladimir Nikolaievitch Kokovtsov (1853-1943), fut ministre des Finances de l’Empire russe de 1904 a 1914 et president du Conseil des ministres de 1911 a 1914 sous Nicolas II. Apres la Revolution de 1917, il emigra en France ou il mourut en 1943. Cette lignee prestigieuse a donne a l’auteur un acces privilegie aux cercles de la noblesse russe emigree a Paris.
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