Biographie de George Lavroff

George Lavroff (en russe : Георгий Дмитриевич Лавров), né le 18 avril 1895 en Sibérie et mort le 29 août 1991, est un sculpteur russe dont l’oeuvre s’étend sur près de sept décennies. Son nom est indissociable de la sculpture animalière Art Déco française des années 1920-1930, une période artistique qui suscite un intérêt croissant chez les collectionneurs du monde entier.

Sa trajectoire exceptionnelle — de la Sibérie profonde aux ateliers parisiens, puis aux commandes officielles soviétiques — reflète les bouleversements du XXe siècle russe. Aujourd’hui, ses bronzes et céramiques sont activement recherchés sur le marché de l’art, et sa cote ne cesse de progresser.

Formation en Russie (1895-1926)

George Lavroff naît à Nazkmoï, près d’Enisseïsk, en Sibérie, le 18 avril 1895. Dès 1912, il suit les cours du peintre D.I. Karatonov à Krasnoïarsk, révélant un talent précoce pour les arts plastiques.

En 1915, il entre à la faculté de médecine de l’Université de Tomsk, tout en fréquentant les classes de dessin et de peinture de la Société des Artistes de Tomsk. La Révolution d’Octobre interrompt ses études : entre 1917 et 1920, Lavroff se bat dans les rangs du 6e Régiment des partisans d’Azchipov.

En 1922, il réalise ses premières commandes à Moscou. De 1923 à 1926, il devient membre de l’Association des Artistes de la Russie Révolutionnaire (AKhRR), participe à des expositions et concourt à des projets de monuments : il obtient le 5e prix pour le monument de Sverdlovsk à Moscou (1924) et remporte celui de Lénine à Poltava (1925).

La période française : l’âge d’or (1927-1935)

En 1927, George Lavroff est envoyé en France pour parfaire ses connaissances artistiques et diffuser l’art soviétique. Ce séjour parisien sera la période la plus féconde et la plus célèbre de sa carrière.

Dans son atelier, il poursuit sa carrière de portraitiste commencée en Russie, présentant ses oeuvres dans les grands salons parisiens : le Salon des Indépendants et le Salon d’Automne. Mais c’est surtout la sculpture animalière qui va construire sa légende.

Sculpture animalière Art Déco - Chat en céramique dans le style des sculptures de George Lavroff Sculpture animalière Art Déco en céramique — Style caractéristique de la période où travaillait George Lavroff. Wikimedia Commons, CC BY 3.0.

Ses sculptures animalières Art Déco

C’est durant sa période parisienne que George Lavroff produit la totalité des oeuvres qui font aujourd’hui sa renommée en Occident : les sculptures Art Déco animalières. Panthères bondissantes, ours polaires, cerfs majestueux, chevaux au galop — ses créations incarnent l’élégance géométrique et la puissance animale propres au style Art Déco.

Ces sculptures ont été réalisées en deux matériaux principaux :

  • Bronze patiné — Les éditions en bronze sont les plus recherchées par les collectionneurs. Les patines varient du brun foncé au vert antique.

  • Céramique craquelée — Technique caractéristique de l’Art Déco, la céramique craquelée donne aux pièces un aspect précieux et intemporel.

La majorité de ces oeuvres ont été produites pour des commandes d’éditeurs, notamment Marcel Guillemard, l’un des principaux éditeurs d’art de l’époque. Ce partenariat avec Guillemard a permis une diffusion importante des sculptures de Lavroff auprès des collectionneurs et amateurs d’art.

Retour en URSS et carrière officielle (1935-1991)

En 1935, George Lavroff rentre en Russie soviétique. Devenu artiste officiel, il se consacre principalement à des sculptures monumentales et des bustes de dirigeants soviétiques. Il participe régulièrement aux expositions et salons artistiques du pays.

En 1982, une exposition rétrospective lui est consacrée à Moscou. En 1984, il est nommé membre honoraire de la République Socialiste Fédérative Soviétique de Russie, reconnaissance officielle de sa contribution à la culture artistique russe.

George Lavroff s’éteint le 29 août 1991, à l’âge de 96 ans, quelques jours après la dissolution de l’Union soviétique — un symbole de la fin d’une époque qu’il avait traversée tout entière.

Lion de l Lion de l’Atlas par Paul Jouve — Sculpture animalière Art Déco, mouvement auquel appartenait George Lavroff. Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Cote et estimation des sculptures de George Lavroff

La cote de George Lavroff a connu une progression significative ces dernières années, portée par l’engouement pour l’Art Déco et la sculpture animalière. Ses oeuvres apparaissent régulièrement en ventes aux enchères, notamment à l’Hôtel Drouot à Paris.

Voici les fourchettes de prix observées pour les sculptures de Georges Lavroff :

Type d’oeuvre Matériau Estimation courante

Sculpture animalière (grande taille)Bronze patiné5 000 – 30 000 € Sculpture animalière (petite taille)Bronze patiné2 000 – 8 000 € Sculpture animalièreCéramique craquelée1 000 – 10 000 € Buste / portraitBronze1 500 – 6 000 € Sculpture monumentale (rare)Bronze10 000 € et plus

Pour faire estimer une sculpture de Georges Lavroff, il est recommandé de consulter :

  • Un commissaire-priseur spécialisé en sculpture Art Déco

  • Les maisons de ventes aux enchères (Drouot, Christie’s, Sotheby’s, Artcurial)

  • Un expert en art russe ou en sculpture animalière du XXe siècle

L’estimation dépend de plusieurs facteurs : le matériau (bronze ou céramique), les dimensions, le sujet (les animaux sauvages sont les plus recherchés), la qualité de la patine et l’état de conservation. La provenance (avec certificat ou marquage de l’éditeur Marcel Guillemard) peut significativement augmenter la valeur.

Source de référence : « À la découverte de Georges Lavroff », par Pierre Kastelyn et Claude Mazzucotelli. Ouvrage consultable à la Bibliothèque Forney à Paris, spécialisée dans les arts décoratifs et les métiers d’art.

Chronologie complète de George Lavroff

  • 1895 — Naissance à Nazkmoï, près d’Enisseïsk, en Sibérie (18 avril)

  • 1912 — Suit les cours du peintre D.I. Karatonov à Krasnoïarsk

  • 1915 — Entre à la faculté de médecine de l’Université de Tomsk ; fréquente la Société des Artistes de Tomsk

  • 1917-1920 — Révolution d’Octobre ; combat dans le 6e Régiment des partisans d’Azchipov

  • 1922 — Premières commandes à Moscou

  • 1923-1926 — Membre de l’Association des Artistes de la Russie Révolutionnaire ; concours de monuments

  • 1927-1935 — Séjour en France ; création de ses sculptures animalières Art Déco en bronze et céramique

  • 1935 — Retour en Russie soviétique

  • 1940-1980 — Artiste officiel ; sculptures monumentales et bustes de dirigeants soviétiques

  • 1982 — Exposition rétrospective à Moscou

  • 1984 — Nommé membre honoraire de la RSFSR

  • 1991 — Décès de George Lavroff le 29 août

Questions fréquentes sur George Lavroff

Quelle est la cote de George Lavroff ?

La cote de George Lavroff varie selon le type d’oeuvre. Ses bronzes animaliers Art Déco peuvent atteindre entre 2 000 et 30 000 euros en vente aux enchères. Les pièces en céramique craquelée sont généralement estimées entre 1 000 et 10 000 euros. Les sculptures les plus recherchées sont ses panthères, ours et autres animaux en bronze patiné, créés durant sa période parisienne (1927-1935).

Comment faire estimer une sculpture de Georges Lavroff ?

Pour faire estimer une sculpture de Georges Lavroff, consultez un commissaire-priseur spécialisé en sculpture Art Déco, les maisons de ventes aux enchères (Drouot, Christie’s, Sotheby’s), ou un expert en art russe. L’estimation dépend du matériau (bronze, céramique craquelée), de la taille, du sujet (les animaliers sont les plus cotés) et de l’état de conservation.

Quelles sont les sculptures les plus connues de Lavroff ?

Les sculptures les plus célèbres de George Lavroff sont ses bronzes animaliers Art Déco créés en France entre 1927 et 1935 : panthères, ours polaires, cerfs, chevaux et autres animaux stylisés. Ces oeuvres ont été éditées en bronze et en céramique craquelée, notamment par l’éditeur Marcel Guillemard.

Qui était George Lavroff ?

George Lavroff (Georgui Dimitrievitch Lavrov) est un sculpteur russe né en Sibérie le 18 avril 1895 et mort le 29 août 1991. Formé en Russie, il fut envoyé en France en 1927 où il créa ses célèbres sculptures animalières Art Déco. De retour en URSS en 1935, il devint artiste officiel soviétique réalisant des sculptures monumentales.

Où voir des oeuvres de George Lavroff ?

Les oeuvres de George Lavroff sont présentes dans des collections privées et apparaissent régulièrement en ventes aux enchères, notamment à l’Hôtel Drouot à Paris. On peut consulter l’ouvrage de référence « À la découverte de Georges Lavroff » par Pierre Kastelyn et Claude Mazzucotelli, disponible à la Bibliothèque Forney à Paris.

Lavroff dans le contexte de la sculpture Art Déco

La période parisienne de George Lavroff (1927-1935) coïncide avec l’apogée du mouvement Art Déco, qui triompha lors de l’Exposition internationale des Arts décoratifs de Paris en 1925. Ce mouvement artistique, caractérisé par des lignes géométriques, des formes stylisées et l’utilisation de matériaux nobles, trouva dans la sculpture animalière l’un de ses terrains d’expression les plus spectaculaires.

Lavroff s’inscrit dans la lignée des grands sculpteurs animaliers Art Déco tels que Rembrandt Bugatti, Edouard-Marcel Sandoz et François Pompon, dont l’Ours blanc (1922) reste l’icône du genre. Comme eux, Lavroff privilégiait la synthèse des formes, réduisant l’anatomie animale à ses lignes essentielles tout en conservant une vitalité saisissante. Ses panthères bondissantes et ses ours massifs témoignent d’une observation minutieuse de la nature, filtrée par le langage formel de l’Art Déco.

Ce qui distingue Lavroff de ses contemporains français, c’est sa double formation — russe académique et française moderniste. La tradition réaliste des écoles d’art de Krasnoïarsk et de Tomsk transparaît dans la précision anatomique de ses premiers travaux, tandis que le contact avec l’avant-garde parisienne lui permit de développer un style plus épuré et géométrique. Cette synthèse unique explique pourquoi les bronzes de Lavroff se démarquent encore aujourd’hui dans le marché de la sculpture Art Déco.

Le marché des sculptures Art Déco connaît un intérêt soutenu depuis les années 2000. Les collectionneurs apprécient particulièrement les pièces en bronze patiné, les céramiques craquelées et les éditions numérotées. Pour les amateurs de sculpture russe et d’art décoratif, les oeuvres de Lavroff représentent un investissement culturel et patrimonial de qualité, à la croisée de deux grandes traditions artistiques.

Conclusion

George Lavroff incarne le destin singulier des artistes russes du XXe siècle, ballottés entre deux mondes. Sa période parisienne, aussi brève qu’éclatante, a produit des oeuvres qui comptent parmi les plus belles réalisations de la sculpture animalière Art Déco. Le fait qu’un artiste sibérien ait su s’imposer dans le Paris des années folles témoigne de l’universalité du langage artistique et de la richesse des échanges culturels franco-russes.